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newtopie

Nous sommes nus. Nos muscles courent constamment sous la peau, nos muscles sont souples, nos tendons sont forts. Pour le reste, et surtout le foie et le sexe, nous sommes fragiles. Personne ici ne songe à le cacher.

Nos sexes sont de verre et d’électricité. Par nuit noire ils nous rapprochent. La pleine lune, on la garde pour la danse et pour la chasse.
Très tôt, nous apprenons par cœur la topographie des zones sensibles que nous appelons entre nous « carte du tendre ». Sur le bout des doigts, très tôt, nous savons la nuque et le creux sur la route de l’épaule, très tôt nous savons le pli de l’aine et la naissance des fesses, les lobes et les dents, le frein et les nymphes, nous savons aussi où se logent les corpuscules de Krause, les points exquis… i tutti quanti. Nous sommes de bons élèves, appliqués et concentrés, le sexe est à l’unanimité notre matière préférée. Incollables sur le sujet, clitoris-vagin-anus et couronne-scrotum-anus sont nos saintes trinités.
Dès quinze ans, nous nous lançons. Nous essayons, expérimentons, nous tâtonnons, tâtons, tétons, petons, jetons, nous jouons, quitte ou double, le risque est de mise, nous jouons avec le cœur qui palpite au bout des doigts, nous sommes si jeunes alors, si timides et passionnés.
Plus tard, nous oublions nos leçons, nous rions les jambes en l’air, beaucoup plus, nous doublons la mise : le sérieux n’est plus de mise.
Nous pleurons dans le plaisir.

samedi 1er janvier 2011, par Juliette Mézenc

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