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les krands Kréateurs

En pleine relecture du Journal du brise-lames. Et en écoutant Laurence Parisot ce matin (j’aime bien écouter Laurence Parisot le matin en faisant le ménage, ça me donne une niaque pas possible), j’ai pensé à ce passage....

Alors nous nous prenons à rêver. Nous voyons la société archaïque, l’imagination supplée au manque d’information, comble les lacunes, lie entre elles les données fragmentaires que les revenants nous livrent en désordre, oui, nous voyons : une société pleine de K, de petits K et de grands K.
Les grands K sont adorés par tous. Tous les aiment pour le travail qui leur est si gracieusement donné. Les petits K disent tous les matins « les grands K Kréent du travail pour nous, les grands K sont de Krands Kréateurs, les grands K nous Kréent » et les petits K se lèvent du bon pied. Tous vénèrent les grands K qui les autorisent à fabriquer des gonflex, des milliards de gonflex aux couleurs et dimensions très variés… Tu déconnes là ? Régulièrement, les Grands K offrent du temps aux petits K, et ces derniers reconnaissants s’empressent de le remplir, de l’employer, de combler ce trou béant, de l’utiliser au mieux et ils se précipitent pour acheter plein de gonflex aux couleurs et aux formes si variées qu’il s’agit de ne pas, surtout pas les confondre avec les bonbons géants du rayon d’à-côté… Ils savent bien que s’ils n’achètent pas les gonflex qu’ils ont si amoureusement fabriqués, parce qu’ils ont l’amour du travail bien fait, très tôt on leur a inculqué, ils risquent de perdre leur travail, les Grands K ne sont pas des philanthropes… Faut les comprendre. Aussi les petits K collectionnent consciencieusement les gonflex qu’ils mettent en vitrine sur des napperons brodés… Non, là, excuse-moi mais tu déconnes grave, c’est du grand n’importe quoi là ! Nawak nawak nawak ! Et puis faut les comprendre : le dimanche, jour du grand K, ils sont fatigués, le petit K est bien content de trouver un gonflex, le mâle comme la femelle, surtout après que cette dernière a ôté d’un geste sirupeux sa culotte galbée et sa brassière correctrice. Parce qu’il faut qu’il assure le petit K, et la petite K faut qu’elle jouisse, faut que ça gueule dans les logements. Les grands K aiment ça, faut les comprendre, ils en ont besoin pour concevoir de Krands Projets, ça les stimule et leur redonne le moral.
Oui, ok, je sais, j’ai beaucoup d’imagination. Bon, moi, c’est ce que je comprends, hein, de loin, je connais pas vraiment, en fait. C’est l’idée que je m’en fais.

[Vent : de sud-ouest à sud, force 4 à 5] beaucoup trop d’imagination.

mardi 11 septembre 2012, par Juliette Mézenc

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